
« L’Alsace » 16 mars 2011
Los Biganos : des musiques d’un autre temps
Los Biganos : une musique venue tout droit de l’Espagne médiévale.
Le concert donné par un septuor de jeunes musiciens strasbourgeois a plongé l’auditoire de l’église Saint-Maurice dans la musique espagnole du Moyen Âge et de la Renaissance.
Les concerts donnés en partenariat avec l’AMIA, l’association des Amis de la musique sur instruments anciens, de Strasbourg, ont toujours été d’une grande qualité. Ce sont même des concerts très pointus, donnés par des professionnels de très grande qualité. Pas forcément des concertistes chevronnés. Celui donné à l’église Saint-Maurice de Soultz le 6 mars n’a pas dérogé à la règle.
Ceux qui forment le groupe Los Biganos sont en fait de très jeunes musiciens, dont certains poursuivent encore leur formation à Lyon, au conservatoire national supérieur, mais surtout à Bâle, à la Schola cantorum. Mais à les entendre on constate de suite une volonté extraordinaire de bien faire, de se surpasser. On n’a certes pas compris grand-chose aux paroles : c’était de l’espagnol, et même de l’espagnol ancien. Mais la qualité du chant de Clarissa Worsdale est remarquable. Une voix de soprano bien timbrée, peut-être pas forcément médiévale comme on se l’imagine, mais d’un lyrisme bien agréable, veloutée, précise, nuancée…
La vingtaine de morceaux figurant au programme ne faisait d’ailleurs pas tous appel au chant. Certains étaient purement instrumentaux et les chants eux-mêmes étaient souvent introduits par une partie instrumentale plus ou moins longue.
Une harpiste virtuose
Au Moyen Âge, le choix des instruments n’était pas très vaste ; c’étaient surtout les flûtes, le luth, la harpe et des percussions. Ce sont ces instruments qu’ont joués les musiciens. Harpiste virtuose, Élodie Messmer soutenait impeccablement chant et musique, alors que Mira Gloor, Lydia Pacevicius et Stélios Lazarou ont fait sonner toute la famille des flûtes, de la sopranino à la basse. Quant à Parsival Castro, il passait du luth au théorbe, assurant aussi bien la basse continue que la mélodie, le rythme étant donné par les percussions digitale traditionnelles de Louis Delignon.
On s’attendait à de la musique imprégnée d’orientalisme, c’était finalement plutôt une musique d’inspiration mozarabe, monodique, avec peu de polyphonies, en dehors de A ay linda amiga ( Oh, ma douce amie…), un chœur figurant au répertoire de nombre de chorales. Et puis, l’on a quitté l’Espagne pour l’Europe anglo-saxonne et la musique de Titanic qui, étonnamment, ne jurait pas du tout avec le programme qui la précédait.
Aux âmes bien nées… Mais avec Los Biganos, c’est surtout un travail extraordinaire et un amour très fort d’une certaine musique très typique qui a comblé un public ravi.

« Dernières Nouvelles d’Alsace » (DNA), 6 juillet 2010
Les belles sonorités de Los Biganos
L'église Ste Madeleine accueillait l'autre soir l'ensemble Los Biganos, groupe interprétant des pièces issues des répertoires du pourtour méditerranéen datant du début de la Renaissance. Composé de sept jeunes musiciens tous fraîchement sortis du conservatoire, avec Stephan Olry (chant), Lydia Pacevicius, Stélios Lazarou et Marine Goldwaser (flûtes), Elodie Messmer (harpe celtique), Parival Castro (luth et vihuela), et Louis Delignon (percussions), ce groupe propose des airs récemment découverts, dont l'intérêt ne réside pas simplement dans l'interprétation de pièces déjà écrites, mais dans un véritable travail d'instrumentation et de réinterprétation de compositions dont seules les structures sont déjà décrites. On parlera d'une musique conçue comme un matériau souple, source de liberté et d'invention. Car, s'il est vrai que le luth, la vihuela et les flûtes sont bien les instruments employés dans ce style, la harpe celtique ne l'est pas vraiment. Mais voilà qui n'a pas découragé ces musiciens et permet à Stephan Olry d'affirmer qu'ils se sont naturellement retrouvés autour de ce répertoire dans l'intention de « créer un lien entre les musiques traditionnelles et les musiques classiques ou plus conventionnelles » d'où ils sont différemment issus. Ainsi, à la croisée des époques (Moyen-âge tardif et début de la Renaissance), des cultures - avec des influences venant de la musique arabe -, des catégories sociales (populaires et nobles), le recueil espagnol du Cancionero de Palacio et les chansons de la Commedia dell'arte italienne, sur lesquels ils s'appuient, comprennent des registres aussi variés que la satire sociale, la parodie, ou encore le récit d'histoires cocasses voire coquines. Pas de surprise alors quand la voix principale lance de grandes exclamations à visée théâtrales et comique. Cependant, c'est également des sonorités douces et subtiles qui touchèrent les auditeurs, puisque tantôt seulement joués par quelques musiciens et purement instrumentaux, tantôt joués et chantés en chœur, l'atmosphère dominante de ces morceaux nombreux et diversifiés appelait à la médiation et au recueillement dans ce laps de temps qui voyait doucement décroître la lumière du jour. Un concert qui n'a pas manqué d'émouvoir et de transporter un public venu en grand nombre remplir l'église Ste Madeleine, et qui salua très franchement cette prestation lors d'une ovation et d'un rappel bien mérités.
T.M.
« Dernières Nouvelles d’Alsace » (DNA), 7 mai 2010
Musique ancienne revisitée
Le public qui a suivi l'excellent ensemble « Los Biganos » à l'Orgelstubb a dû se croire dans une autre époque, avec ces airs qu'on avait presque oubliés.
Ils ont été magistralement remis au goût du jour par cet ensemble de jeunes instrumentistes du conservatoire de musique de Strasbourg. Les trois pièces contiguës de l'Orgelstubb avaient peine à contenir les convives, venus parfois de fort loin pour suivre cet orchestre plutôt singulier, tout comme sa musique.
L'enthousiasme est une des qualités de l'ensemble « Los Biganos ».
Ils ont tous transmis leur enthousiasme
Que ce soit le chanteur Stéphane Olry, à la voix retentissante, les trois flûtistes Mira Gloor, Lydia Pacevicius et Stelios Lazarou, véritables virtuoses, l'apaisante Elodie Messmer à la harpe celtique, le discret Parsival Castro au luth ou le vif Louis Delignon aux percussions, ils ont tous transmis leur enthousiasme, leur culture, leur amour pour ces airs essentiellement méditerranéens et ancestraux. Entre des pièces de la renaissance espagnole comme le populaire « Très Morillas », et italienne comme « la Tarentelle », alternant avec des morceaux uniquement instrumentaux, cette musique semblait avoir trouvé un écho particulier dans ces murs également d'une autre époque et que le public écoutait dans un silence presque religieux.
Créé en 2008, ce groupe se fraye tout doucement un chemin vers la reconnaissance. Témoins ces nombreux concerts programmés cette année, notamment à Lyon, Tours, l'Ile de Ré... Un CD sera enregistré en août pour une sortie début 2011.
« L’Alsace », 5 janvier 2010
Après les agapes des fêtes de fin d’année, un agréable moment musical attendait les mélomanes à l’église de Gunsbach dimanche en fin d’après-midi. Le groupe de jeunes musiciens Los Biganos, de Strasbourg, a transporté l’auditoire dans d’autres temps et lieux, autour de la Méditerranée. Ces ménétriers ont su donner l’ambiance intimiste des places des petits villages d’antan. Des œuvres, souvent courtes, d’auteurs anonymes, mais aussi connus comme Juan del Encina (1468-1529), auteur profane espagnol, ont été interprétées avec beaucoup de brio.
« Dernières Nouvelles d’Alsace » (DNA), 18 juillet 2009
Los Biganos et la Renaissance profane
L'église Ste Madeleine accueillait l'autre soir l'ensemble Los Biganos, groupe interprétant des pièces issues des répertoires du pourtour méditerranéen datant du début de la Renaissance.
Le groupe est composé de sept jeunes musiciens tous fraîchement sortis du conservatoire, avec Stephan Olry (chant), Lydia Pacevicius, Stélios Lazarou et Marine Goldwaser (flûtes), Elodie Messmer (harpe celtique), Parsival Castro (luth et vihuela), et Louis Delignon (percussions).
Los Biganos propose des airs récemment découverts, dont l'intérêt ne réside pas simplement dans l'interprétation de pièces déjà écrites, mais dans un véritable travail d'instrumentation et de réinterprétation de compositions dont seules les structures sont déjà décrites. On parlera d'une musique conçue comme un matériau souple, source de liberté et d'invention.
S'il est vrai que le luth, la vihuela et les flûtes sont bien les instruments employés dans ce style, la harpe celtique ne l'est pas vraiment. Cela n'a pas découragé les musiciens et permet à Stephan Olry d'affirmer qu'ils se sont naturellement retrouvés autour de ce répertoire dans l'intention de « créer un lien entre les musiques traditionnelles et les musiques classiques ou plus conventionnelles » d'où ils sont différemment issus.
Le concert n'a pas manqué d'émouvoir et de transporter un public venu en grand nombre en l'église Ste Madeleine qui a salué chaleureusement Los Biganos lors d'une ovation et d'un rappel bien mérités.
Y.S.